La Belle et la Bête

 Dans la catégorie France, Histoires du soir

L’histoire de la Belle et de la Bête

La Belle et la Bête

Un marchand, riche et connu, avait trois garçonnets et trois magnifiques fillettes. D’ailleurs, la dernière était si jolie, que les gens la surnommaient littéralement Belle. Le riche Père leur offrit une éducation parfaite, incluant les leçons de nombreux maîtres, et dans de nombreuses matières.

Mais, les deux sœurs les plus âgées étaient orgueilleuses, et ne discutaient qu’avec des gens de leur rang social, et donc, évitait les enfants des autres marchands. Elles profitaient de leur situation et allaient au bal chaque jour, ainsi qu’au théâtre et autres amusements.

Belle, elle, passait la plupart de son temps libre à lire, et à apprendre.

Les 2 sœurs eurent de nombreuses propositions de mariage, qui furent toutes refusées, car elles ne souhaitaient épouser que des Ducs, Comtes et autres nobles. Alors que Belle, très sollicitée également, refusait mais pour d’autres raisons ; elle pensait être trop jeune, et souhaitait rester auprès de son Père.

Mais un jour, le Père perdit sa fortune dans son intégralité…. et par conséquent, plus aucun homme ne demandait la main des sœurs. Sauf pour Belle, qui continuait à être demandée en mariage, mais qui refusait tout de même au prétexte de vouloir rester auprès de son Père désespéré…..

Ils décidèrent alors, et au vu de la situation financière, de s’installer dans une petite maison à la campagne, où les hommes avaient pour habitude de travailler aux champs.

Belle avait alors pris pour habitude de se lever à quatre heure le matin, afin de réaliser les tâches ménagères habituelles, et préparer les repas pour tout le monde. Lorsqu’elle avait un peu de temps libre, elle lisait, jouait du clavecin et filait en chantant.

Quant aux deux sœurs arrogantes, elles ne se levaient que très tard et ne cessaient de penser et discuter de leurs situations précédentes, lorsqu’elles profitaient de tout et à outrance. Elles se moquaient également de leur sœur qui semblait satisfaite de sa nouvelle condition.

Les mois passèrent, et le Père reçut une lettre l’avertissant de l’arrivée d’un bateau marchand. Évidement, les deux sœurs harcelaient leur père pour qu’il leur rapporte habits luxueux, bijoux et autres choses très chères.

Alors que Belle fit dans la simplicité, et demanda à son Père une simple rose, sachant pertinemment qu’il n’aurait pas assez d’argent pour satisfaire tout le monde.

Le Père partit, mais à peine arrivé, un procès fut intenté contre sa personne, et le tribunal le rendit plus pauvre encore qu’il ne l’était en arrivant.

Au chemin retour, une tempête de neige se leva, et le marchand se perdit. Affamé et ayant froid, il aperçut soudain une lumière en provenance d’un château. Il amena alors son cheval à l’écurie, où il trouva pour lui de l’avoine, puis entra dans le château. Il était trempé jusqu’aux os,et se mit à se sécher auprès d’un feu en attendant l’arrivée du maître des lieux. Mais personne ne vint à lui. Et vers 11h, affamé, il se permit de manger et boire du vin.

Repu, et fatigué de ce long et pénible périple, il s’avança alors vers l’une des chambres du château, pour finalement se jeter dans un lit et s’endormir jusqu’au lendemain matin.

Il se réveilla, et trouva de beaux et neufs habits, afin de remplacer les siens, abimés et usés.

Le lendemain, la neige avait disparu pour laisser place à de magnifiques fleurs dans le jardin. Il aperçut alors une tasse de chocolat chaud sur la table principale de la salle à manger, et commença alors à penser qu’une fée, gentille et serviable, habitait les lieux, car il ne voyait jamais personne.

Puis, il décida de reprendre le chemin du retour, et n’oublia pas de prendre une des magnifiques roses du jardin pour sa fille Belle.

C’est alors qu’une énorme bête, monstre mi-humain , mi-animal, bondit, et lui reprocha de lui avoir volé une de ses fleurs, choses qu’il aime le plus au monde, et que pour cet affront, il devait mourir.

Le pauvre marchand, effrayé, à genoux, lui expliqua qu’une de ses filles lui avait demandé une rose, alors la bête l’épargna à une seule condition : que l’une de ses filles soit sacrifiée à sa place. Il devait, dans les 3 mois, amener l’une de ses filles afin de la faire mourir dans ce château.

Le marchand, qui en réalité ne souhaitait pas que l’une de ses filles meure, promit de revenir dans moins de 3 mois. La bête lui donna alors un grand coffre vide, et lui dit d’y mettre et d’emporter tout ce qu’il souhaite. Le marchand remplit alors le coffre d’or, afin d’assurer l’avenir de ses enfants.

Une fois rentré, le marchand raconta ses mésaventures à ses filles. Évidement, les deux ainées se mirent à critiquer l’attitude de Belle, qui avait décidé de prendre la place de son père, et lui sauver ainsi la vie.

Son père eut beau faire tout ce qui était en son pouvoir pour l’en dissuader, mais Belle, sans verser de larmes, insista pour remplacer son père, qui ne cessait de lui répéter qu’il ne lui restait de toutes façons plus beaucoup d’années à vivre… Mais Belle s’obstina à refuser que son père se fasse tuer par ce monstre.

Elle dit alors qu’elle préfère mourir tuée par la bête que de mourir de chagrin d’avoir perdu son père.

Puis il alla dans sa chambre, retrouva son coffre plein d’or et ne confia ce secret qu’à Belle. Il lui demanda également de marier ses deux sœurs au plus vite. Il refusait de le dire à ses autres filles car il craignait qu’elles ne dépensent tout cet argent inutilement.

Puis ils prirent le chemin du château. Un repas majestueux les attendait. Belle pensa alors que la bête voulait l’engraisser avant de la dévorer. Quant au Père, triste, il ne put avaler quoique ce soit. Puis à la fin du repas, la Bête demanda à Belle si elle était venue de bon cœur, d’elle-même. Ce à quoi Belle répondit par la positive.

Ceci dit, la Bête demanda alors au Marchand de partir le lendemain, et de ne jamais remettre les pieds au château.

Belle et son Père firent leurs adieux….. et allèrent se coucher.

Au cours de cette nuit, Belle fit un rêve étrange. Une Dame vint à elle pour lui annoncer que sa bonne action, celle de se sacrifier au nom de son Père, sera fortement récompensée. Elle raconta alors ce rêve bizarre à son père le lendemain, mais son Père restait accablé par la suite des évènements….

Le moment du départ fut atrocement douloureux pour Belle et son Père. Une fois son père sur le chemin, Belle se mit à visiter lascivement le château, pour sa dernière journée. Elle le trouva magnifique, et explorait tous ses recoins.

Puis, Belle tomba sur une porte étrange, sur laquelle il était écrit “Appartements de la Belle”. Curieuse, elle l’ouvrit, et pénétra dans la chambre, dans laquelle elle trouva un clavecin, et une bibliothèque. Elle y trouva même un livre encore plus étrange sur lequel il était écrit “Souhaitez, puis commandez, ici, vous êtes la reine et la maîtresse des lieux”.

Munie d’un nouvel espoir, Belle souhaita alors à haute voix revoir son Père et sa famille. C’est alors qu’un miroir apparut ! Et ce miroir magique lui montra ce qu’elle souhaitait.

C’est à ce moment que Belle comprit qu’elle n’avait finalement plus rien à craindre de la bête.

Le midi, Belle déjeuna seule. Pensive, mais revigorée, elle mit à profit son intelligence.

La Bête l’invita à dîner avec elle le soir même. Belle accepta, mais la Bête souffrait de son apparence, et ne cessait de se dénigrer, affirmant qu’il était laid et idiot. Belle lui confirma sa laideur, mais également que sa gentillesse l’embellissait, et lui dit également qu’elle préférerait une bête gentille, plutôt qu’un bel homme méchant. C’est alors que la Bête saisit l’occasion pour la demander en mariage. Mais Belle refusa.

Peiné, la Bête partit.

Cela faisait maintenant plus de 3 longs mois que Belle habitait au château, et chaque soir elle rencontrait la bête pour passer du temps avec elle, discuter, boire et manger. Et chaque soir, la bête fit une nouvelle tentative en la demandant en mariage.

Chaque soir Belle l’attendait, habituée, mais n’acceptait jamais sa proposition de mariage. Elle lui dit que tout ce que la Bête pouvait espérer, était une amitié sincère.

La bête lui demanda alors de rester à vie dans le château, avec lui. Mais Belle lui répondit qu’elle aimerait voir son père, sa famille, qui lui manquent tant…. Elle avait suivi sa famille grâce au miroir magique, et avait constaté l’état grave et maladif de son père, que ses sœurs furent mariées, et que ses frères s’étaient enrôlés dans l’armée.

La Bête refusa de voir sa Belle malheureuse, et accepta. Belle promit de revenir sous huitaine. Pour se faire la Bête lui demanda de poser sa bague sur une table en se couchant pour revenir par la voie magique.

Belle se réveilla le lendemain matin et constata qu’elle était dans la chambre de son père. La bête lui avait également procuré un coffre plein de robes tissées d’or. Lorsque son Père l’aperçut, il faillit mourir de joie ! Belle demanda alors à ce que la moins luxueuse des robes qu’elle avait amenée, soit mise de côté, et que les autres soient données à ses sœurs. Mais le coffre disparut par enchantement, car la Bête souhaitait que les robes soient uniquement pour sa Belle.

Ses sœurs arrivèrent alors avec leur maris pour voir leur sœur rescapée. Elles dirent qu’elles étaient très malheureuses… La première des sœurs avait épousé un homme particulièrement beau, mais très narcissique également… La seconde dit que son mari était d’une intelligence rare, mais qu’il ne l’utilisait que pour agacer tout le monde, elle en premier.

Évidemment, les sœurs furent jalouses de Belle, si bien apprêtée…. Elles sortirent pour pleurer de leur sort, et pester contre leur sœur. Elles se demandaient pourquoi et comment leur sœur pouvait être si heureuse.

Au point de mettre un plan machiavélique en marche ; celui de la faire rester plus de huit jours afin de rendre la Bête furieuse et de la pousser à dévorer leur sœur.

Belle tomba dans le piège car les sœurs furent si gentilles à son égard, qu’elle resta plus longtemps que la bête ne l’autorisait. Mais Belle devint rapidement triste en pensant à la Bête, restée toute seule. Sa présence manquait à Belle.

Le dixième jour, Belle rêva de voir la Bête dans le jardin, triste et chagrine…. Elle se réveilla brusquement et s’en voulut de rendre la bête si triste…. Elle se demanda même pourquoi elle n’avait pas accepté de devenir son épouse, car la Bête était laide et avait peu d’esprit, soit, mais elle avait un caractère très appréciable, beaucoup de vertus, et un comportement exemplaire.

Elle ne l’aimait peut-être pas, mais elle avait beaucoup d’estime, d’amitié et de reconnaissance pour le Bête. Ce qui, selon elle, suffisait pour un mariage heureux. Elle posa alors sa bague sur la table et s’endormit.

Le lendemain, Belle se retrouva automatiquement au château. Elle fut excessivement joyeuse à l’idée de revoir la bête. Elle l’attendit toute la journée, mais personne ne vint. Elle se mit à chercher la Bête partout, mais rien….. Puis elle se souvint de son rêve, où elle vit la Bête dans le jardin, près du canal. Elle s’y rendit, et retrouva finalement la Bête, inconsciente, ne répondant à rien.

Elle pensait l’avoir perdu pour toujours, mais mis sa tête sur sa poitrine, et entendit son cœur battre très doucement. Elle lui jeta alors de l’eau sur son visage. La bête ouvrit un œil, et lui dit qu’il avait préféré se laisser mourir de faim puisque Belle ne revenait pas, et était heureuse de la voir une dernière fois.

Mais Belle refusa de la perdre, elle lui dit alors qu’elle acceptait de devenir son épouse, et qu’elle l’aimait car elle avait peur de la perdre et de ne plus jamais la revoir…

Ces mots à peine prononcés, un tourbillon lumineux géant apparut, enveloppa le corps de la Bête pour disparaître et laisser place à un magnifique Prince ….. encore à moitié endormi.

Le Prince la remercia alors d’avoir rompu le sort qui l’avait transformé il y a des années en Bête sinistre. Mais Belle ne réalisait pas encore et lui demandait où était passé la Bête. Il lui répondit avec sourire, qu’il était la Bête ! Et qu’une méchante fée lui avait jeté un sort et l’avait transformé en immonde bête, et lui interdisait de paraître intelligent.

Ils se donnèrent la main, et rentrèrent au château. Dans la salle principale se trouvait toute la famille de Belle. La Dame qui apparut dans le rêve de Belle les avait fait venir, et était présente.

La Dame, en réalité une bonne fée, félicita Belle d’avoir eu autant de vertu et d’esprit.

Quand aux deux soeurs dont le coeur était rempli de colère et de jalousie, la Fée les transforma en portes du château, et conscientes, afin d’être témoin chaque jour du bonheur de leur soeur, tout en leur précisant qu’elle ne redeviendront comme avant que le jour où elles reconnaîtront leurs fautes.

Belle épousa le Prince, et ils furent heureux, car leur mariage était fondé sur la vertu, et non la beauté, le pouvoir ou encore la richesse.

Où se situe le conte de la Belle et la Bête ?

Cette histoire se déroule dans la France du milieu du XVIIIe siècle, (non dans un monde fictif sans datation, comme dans nombre de contes de fées).

Qui a écrit la Belle et le Bête ?

L’origine du conte classique de la Belle et la Bête se trouve au XVIIIe siècle, en France. Ce conte, issu de la tradition orale, fut écrit pour la première fois par Gabrielle-Suzanne Barbot de Villeneuve, romancière de son état. C’est 17 années plus tard que cette première version sera réécrite de manière abrégée, par Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, dans son livre intitulé “Le Magasin des enfants”. Le récit prendra alors son envol littéraire pour devenir la référence littéraire que l’on connaît aujourd’hui.